faq
: PEUT-ON VRAIMENT MESURER
LA
QUALITE DES OBJECTIFS?
QUESTION: Les tests actuels donnent de bonnes indications sur les objectifs modernes....Mais comment juger de la qualité des "anciens" que l'on trouve d'occasion ou en "collection" ?
REPONSE : Les tests Pictchallenge, comme l'analyse des fiches tests des optiques actuelles, publiés régulièrement dans la presse spécialisée, montrent des différences chiffrées qui ne sont pas toujours évidentes à la prise de vue....On peut analyser la qualité des objectifs (un test se déroule sur UNE optique...qui peut être en état moyen quand on l'achète d'occasion...) selon le résultat (voir la page précédente) ou selon les tests publiés par la presse (exemples des fiches du magazine Chasseur d'Images dans l'article sur les critères de qualité ) mais il est vrai que l'achat, pour la collection ou pour le plaisir de photographier avec des appareils anciens, d'optiques des années 60 à 80 laisse souvent l'amateur dans l'incertitude.
On s'attachera ici à montrer comment les tests peuvent être exploités, en prenant des références connues, afin de comparer entre elles les optiques anciennes...d'autant que des données anciennes eles aussi existent: beaucoup d'optiques ont été mesurées de façon plus ou moins reproductibles dans la presse des années 70.
LA METHODOLOGIE
Les tests les plus faciles à exploiter sont ceux qui donnent le pouvoir de RESOLUTION de l'objectif, ou POUVOIR SEPARATEUR en paires de lignes par millimètre, c'est à dire la capacité de l'optique à rendre compte des plus fins détails. Notons que les meilleures optiques examinées en examinant les tests anciens affichent des performances approchant un pouvoir séparateur de 160 l/mm, c'st à dire ce qui est considéré comme la limite des films les plus fins (Technical Pan Kodak, par exemple) alors que certaines des optiques considérées par la presse mondiale parmi les meilleures en qualité d'image donnent des mesures de résolution de 100 à 120 l/mm ...seulement...c'est à dire la résolution des meilleurs films négatifs ou diapositifs disponibles pour la photo aujourd'hui (Fuji Provia 100 F ou Kodak Royal par exemple).
Mais la DEFINITION de l'image s'analyse aussi en mesurant le CONTRASTE c'est à dire la capactié à distinguer des valeurs de gris dans les détails. Les mesures interprétées ici retiennent un pourcentage de contraste pour une résolution très moyenne de 60 l/mm.
Enfin, et c'est l'objet de ces pages, il reste a INTERPRETER ces mesures. Dans les bases utilisées parce que toutes les mesures publiées sont comparables entre elles, les optiques sont notées selon leur diaphragme: on considére par exemple que 80 l/mm est excellent à f 2 et moyen à f 8...Or ce qui importe au photographe amateur est de savoir si son image sera aussi "piquée" à f 2 qu'à f 8, et non de se demander si un piqué excellent à f 11 est meilleur qu'un piqué excellent à f 4 !
A partir de recueils d'essais publiés à la fin des années 70 sous le titre "Photo Index", s'appuyant sur des mesures des revues "Phot-Argus"(France) et "Modern Photography" (USA), j'ai été tenté de retranscrire les chiffres relevés sous forme de courbes et d'introduire une pondération permettant de se faire une idée de la qualité optique. Cette analyse consiste d'abord à choisir une PONDERATION entre résolution et contraste. J'ai fait le choix délibéré qu'une optique donnant une image "un peu douce" avec de nombreux détails était préférable à une optique donnant une image "claquante" mais peu détaillée...car au tirage il est facile d'ajuster le contraste (sur le plateau de l'agrandisseur comme en numérique) mais impossible de faire ressortir des détails...non enregistrés sur le film ! La clé de pondération retenue est donc de 2/3 de la note pour la résolution et de 1/3 pour le contraste.
Ensuite pour établir une NOTATION à partir des courbes, j'ai comparé avec des "panels" d'optiques pour lesquelles des mesures existaient aussi dans d'autres ouvrages...comme les fiches du journal Chasseur d'images ou le site suédois Photodo. La note maximale a été fixée à 5 de façon arbitraire, ce qui correspond au niveau "excellent" des fiches tests actuellement disponibles. On considère alors que les optiques "très bonnes" doivent avoir une note "autour de 4".
Mais au lieu d'extrapoler de ces calculs une note globale, je me suis attaché à faire figurer sur des GRAPHIQUES une courbe de qualité en affichant les moyennes obtenues, pour chaque valeur entre f 2 et f 16, au centre et sur les bords de l'image.
Pour la photo argentique, l'HOMOGENEITE de l'image obtenue, du moment que son piqué soit de bon niveau, me semble compter plus que le piqué "absolu" au centre de l'image. Il convient de souligner que les bords ne concernent uniquement que la droite et la gauche du cliché pour une prise de vue horizontale, le haut et le bas pour une prise de vue verticale...car l'objectif fait une projection circulaire ("cercle image"). Le profil des courbes obtenues permet de se faire une "image fidèle" du comportement de l'optique essayée à l'époque. Si les courbes obtenues montrent à la fois un niveau de qualité "autour de 4" et un faible écart entre les bords et le centre, l'optique peut être considérée comme très bonne !
Trois exceptions peuvent être évoquées:
- à pleine ouverture ou à
f 2 (les optiques ouvertes à f 1,4 ne sont notées qu'à
partir de f2, car la profondeur de champ est tellement faible à
f 1,4 qu'elles sont rarement utilisées à cette ouverture
pour leur "piqué"), on faitt rarement du paysage: si l'optique est
bonne (autour de la note 3) au centre, elle sera formidable en portrait
ou reportage à faible lumière, où on fait rarement
la mise au point sur l'extrème bord du champ !
- aux diaphs moyens (entre f 4 et f 8)
un écart immortant entre le centre et les bords est moins grave
si le centre est à 5 et le bord à 4...que si le bord est
à 3, car dans ce ces au tirage ou à la projection des diapos
on s'apercevra de façon certaine d'un écart de définition.
Par contre un trop gros écart de contraste entre le centre et le
bord est gênant, car l'image peut être impossible à
corriger au tirage: comment exposer sur papier doux au centre et dur au
bord?
- en numérique, on n'utilise sur
les boitiers actuels les plus répandus, à capteur "taille
APS", que le centre du champ image. En pratique*, les seules optiques anciennes
utilisables en numérique sont les Nikon Ai et Ais, ou les marques
compatibles Nikon, qui peuvent se montrer sur les boitiers Nikon série
D1, D100, et Fuji S2. Certains Nikon anciens de série économique
qui ne piquent "qu'au centre" feront merveille en numérique !
* au 1/1/2003
DES EXEMPLES
Ci-dessous sont reproduites les courbes de résultats bruts et de résultats pondérés (note MOYENNE) de trois optiques anciennes dont la qualité n'est contestée par personne.
CARL ZEISS
Le Contax Carl Zeiss Planar f 1,7 de 50
mm -modèle 1980 - présente une résolution très
élevée mais un contraste faible sur les bords aux premières
ouvertures: la courbe verte montre, au centre, un pouvoir séparateur
70x 2 soit 140 l/mm) entre f 4 et f 11. Par contre la résolution
sur les bords de l'image n'est que de 100 l/mm - ce qui est très
bon dans l'absolu - et de 110 l/mm entre f 8 et f 11. Enfin l'mage
sera beaucoup plus douce sur les bords (courbe orange) qu'au centre (courbe
bleue) entre f 2 et f 5,6. Aucun problème pour un portrait horizontal
centré (le fond doit être flouà plus ennuyeux en vertical
(le nez peut être plus "piqué" que la gorge !

Après pondération et calcul
de la MOYENNE la courbe du Planar montre un "creux" de près
de 1,5 point à f 4, 1 point à 5,6, 1/2 point à f 8.
On peut imaginer qu'il sera très performant en reportage entre f
2 et f 5.6 - si on fait la mise au point sur une zone proche du centre-,
et excellent pour le paysage à f 8 et f 11.

NIKON
L'examen des courbes complètes d'une
optique "incontestable", le Nikkor f 2 de 50 mm - modèle 1979 -
qui était livré en standard depuis les années 60 avec
le Nikon F ou le Nikkormat et qui fut un must en reportage, montre une
résolution au centre qui n'atteint des sommets qu'entre f 8 et f
11, voire même une résolution supérieure à f
2,8 qu'à f 5,6 au centre. La résolution des bords de l'image
progresse jusqu'à f 5,6 (110 l /mm comme le Planar). A partir de
f 4 le contraste du bord rejoint celui du centre et se situe à un
niveau élevé.

La courbe pondérée de l'optique permet d'espèrer des prises de vues très homogènes entre f4 et f 11, la note calculée se situant toujours entre 3,5 et 4. Le rendement baisse à f 16, mais entre f 2 et f 2,8 l'image sera sans doute déjà très agréable, quoique moins piquée au centre que le Planar...On peut espèeer en effet prendre des scènes d'ensemble en faible lumière sans écart grave entre centre et bords..

LEICA
Enfin les courbes du Leica Summicron M
f 2 de 50 mm (modèle 1978) permettent d'observer un cas remarquable
de "résultats groupés". La résolution au centre atteint
125 l/mm environ entre 4 et 8, les bords se situant autour de 100 l/mm
à f 8 et à f 11. On note peu d'écart de contraste,
enfin, entre les bords et le centre de l'image, même si cette valeur
sur les bords reste inférieur à celle du Nikon.

La courbe pondérée résultante
est remarquablement "ascendante" jusqu'à f 11, et extrèmement
homogène, c'est à dire que la qualité d'image très
proche entre centre et bords variera peu selon la valeur de diaph choisie,
la seule modification importante de netteté apparente résultera
de la profondeur de champ. L'optique semble optimisée pour une pratique
courante du "M - iste" c'est à dire le choix fréquant d'un
diaph assez fermé pour garantir de la profondeur de champ....invisible
au télémètre !

AVERTISSEMENT:
Ces
interpérations ne sauraient donner d'indications fiables sur la
production actuelle des marques citées.
Cet avertissement s'explique, en effet, parce que depuis 20 ans les progrès accomplis concernent deux éléments fondamentaux, le traitement multicouche qui améliore le contraste de l'image, et l'utilisation de plus en plus fréquente de lentilles asphériques qui permettent de diminuer l'écart de résolution entre le centre et les bords...Et puis qui prendra un risque de faire de "mauvaises photos" en achetant d'occasion un de ces trois objectifs. Sans nul doute, personne, ce sont trois optiques "mythiques" qui plus de 20 ans après leur sortie - en fait, 45 ans pour le Leica et 40 ans pour le Nikon - donneront, si elles sont en bon état, des images de haute qualité, même si chacune a sa particularité. Cette particularité est si marquée qu'on pourrait parler de "caractère" voire de "famille" comme les pages suivantes vont essayer de le démontrer !
Analyse des mesures et texte : JMS
Objectifs anciens...page suivante LEICA M
Pour voir des appareils anciens :
Index
appareils de collection
Essai de la production actuelle :
Les tests
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