Test
numérique
SIGMA SD9 (1)
Prise en main
Le SIGMA SD 9 équipé du zoom 15-30 mm
Pictchallenge a pu faire un test rapide du nouveau reflex Sigma SD9, prêté par SIGMA France avec les objectifs et flash permettant de le confronter à des situations de prise de vue comparables à nos autres tests numériques.
Le Sigma SD9 se présente comme le premier boitier équipé d’un capteur révolutionnaire, le Foveon, qui comme un film tri couche restitue les trois couleurs primaires (R, V, B). De fait, le capteur de 3 millions de pixels est constitué de 10 millions de photosites.
Le Sigma SD9 est
à la base un boitier reflex pouvant recevoir toute la gamme des
optiques Sigma, qui jouissent d'un excellent rapport qualité prix,
en monture propriétaire. La partie photographique ne déroutera
pas un habitué de reflex argentique, les modes d'exposition étant
similaires (priorité diaph, vitesse, programme, manuel) et les commandes
bien placées sur le dessus de l'appareil pour les fonctions photographiques,
et sur le dos pour les commandes de la partie numérique.
| Le test qui suit
a été réalisé en décembre 2002. Depuis,
un nouveau firmware a été développé, que nous
allons nous efforcer d'essayer rapidement. Mais surtout, il convient de
tenir compte du nouveau prix de l'appareil (tarif juillet 2003) dans les
bases de comparaison. Le SD9, qui représentait en décembre
2002 un investissement proche de celui d'un Nikon D100 ou d'un Canon D60
(calcul sur la configuration testée: SD9 + 15-30, comparé
à Nikon D100 + 18-35) est désormais proposé en kit
à 1799 euros avec un zoom 24-70 - 3.5-5.6, équivalent à
une couverture de 41-119 mm compte tenu du facteur de grandissement du
capteur. Il est même possible d'acquérir ce kit pour 1499
euros sur certains sites internet ou magasins discount.
Ce nouveau positionnement prix met l'appareil en concurrence avec le haut de gamme des "bridge cameras" (de 1300 à 1500 euros). Les possibilités photographiques, et surtout la gamme d'optiques disponible, sont évidemment sans commune mesure avec un bridge camera, dès lors que l'on fait le choix de la monture Sigma qui offre une gamme extrèmement étendue. jms 2/07/2003 |
Une forme très "carrée"
et des commandes très accessibles
Imposant, le zoom Sigma 15-30
offre à peu près le même range réel que le Nikon
18-35
compte tenu de la différence
de dimension des capteurs
Le capteur Foveon est un peu
plus petit que ceux qui équipent les reflex numériques Nikon,
il donne un facteur de grandissement de 1.7. Sigma a choisi un viseur très
innovant, qui présente un champ plus large,
en délimitant la zone du capteur par un léger grisé.
Ce concept, proche d’un télémétrique « à
la Leica » est très utile pour pour voir un sujet sur le vif
« entrer dans le cadre ». Mais revers de la médaille,
par éclairage faible ou nocturne, il est difficile de composer son
cadrage, faute d’un encadrement lumineux (ou blanc brillant, comme dans
les viseurs collimatés) de la zone utile. Ennuyeux pour un reflex,
il faut se fixer avec une attention considérable sur les zones grisées
pour composer un paysage urbain de nuit !
Le Sigma SD9 équipe du Sigma Macro 50 mm de référence
La prise en main de l'appareil est rapide, avec peu de recours au mode d'emploi, d'autant que la partie numérique, au menu très clair, n'offre que peu de possibilités de réglages...et donc d'erreurs: dans le menu (très convivial) de configuration, on recherche vainement les réglages fins disponibles sur les autres reflex numériques, et même sur les compacts évolués : variation dès la prise de vue du contraste, de la saturation des couleurs…réglages fins permettant de se sortir de sujets très délicats. Dans le cas du Sigma, il faut faire confiance aux automatismes de l'appareil, car le cliché pris en mode "brut" XF3 dit être "developpé" par le logiciel Sigma pour donner naissance à une image imprimable ou diffusable sur le web, et c'est à ce stade que les possibilités d'ajustement et de correction existent.
Ce concept garantit que les clichés seront toujours de qualité maximale, mais il a des inconvénients sérieux, d'autant que les fichiers pèsent 10 mégas pixels environ (mode Hi) et permettent de faire un 24 poses…sur une carte 256 à 150 euros ou 200 euros. Certes, des fichiers de Nikon D100 pèsent aussi fort lourd…mais pour des sujets peu délicats (reportage, famille, etc) on sortira 250 vues de 1 mégas (JPG qualité moyenne) sur la même carte avec un reflex 6 mégapixels. De surcroît, il arrive que des pros se satisfassent (eh oui !) de fichiers de 300 ou 400 Ko pour envoyer un scoop d’actualité (politique ou sportive, par exemple) à leur agence ou journal, même par téléphone portable. Cette utilisation est condamnée a priori par le concept de « négatif numérique développé exclusivement sur ordinateur »…de même qu’est condamné l’usage ludique consistant à bombarder de mel ses amis dès l’anniversaire terminé ! En fait, la solution Canon permettant (sur les derniers modèles) d’enregistrer simultanément un RAW et un JPG du même cliché est sans doute une voie d’avenir...
La voie Sigma, expliquée sans doute par la complexité du post traitement, exigerait en utilisation nomade un micro ordinateur portable musclé permettant le traitement par lots dès les images transférées depuis l'appareil (prise Firewire) ! Dans ce sens, il est d'ailleurs regrettable que le logiciel Sigma ne permette pas une interpolation ou une réduction fine de la dimension des images en vue d’en aligner la taille sur les besoins du photographe...il sera nécessaire de redimensionner sous Photoshop les clichés JPG ou TIFF procurés par le "décodeur" de RAW...
Mais les tests de
piqué effectués sur nos sujets habituels permettent déjà
de trancher un point qui fait l'objet de toutes les interrogations : les
capacités d'un capteur de 3 millions de pixels multipliés
par 3 infos de couleur sont elles à la hauteur de la concurrence
? En définition, la réponse est oui, sans aucune réserve...
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